mercredi 26 octobre 2011

un nouveau rapport accuse les OGM


OGM, the emperor with no clothes

"OGM, the emperor with no clothes", écrit l'ONG indienne Navdanya, co-auteur d'un nouveau rapport sur les OGM. Autrement dit, comme l'empereur du conte d'Andersen, les soit-disant beaux habits, les belles promesses des OGM (mettre fin à la faim dans le monde, réduire les pesticides chimiques, augmenter les revenus des agriculteurs) ne sont que du vent. A poil, la promesse des OGM ?

L'agenda de la crise globale est touffu comme une barbe de maïs et les OGM sont plutôt absents du débat, alors qu'ils constituent un "envahissement" qui continue, indubitable. C'est très étonnant.

Parmi les (quelques?) médias qui présentent ce nouveau rapport "Global Citizen Report", dévoilé le 18 octobre dernier par un collectif d'organisations de paysans et de chercheurs, il y a Actu environnement et le Guardian, qui précise que les auteurs du rapport sont 20 organisations représentant des millions de personnes. Le Guardian interviewe Nnimmo Bassey, directeur de l'ONG Friends of the Earth International, qui détaille les promesses non tenues par les graines génétiquement modifiées.

Quand Bill Gates et sa fondation financent les OGM

Le rapport fait suite à la publication un an plus tôt d'un autre rapport, sur l'agriculture en Afrique et, notamment, les biotechnologies. Intitulé The New harvest, il est écrit par le professeur de Harvard Calestous Juma et  financé par la Fondation Bill et Mélinda Gates. Que nous dit le chapitre consacré aux OGM (les autres chapitres que je n'ai pas lu, seraient d'un vif intérêt d'après certains) ? Presque le contraire de ce qu'affirment les 20 ONG.

" Les biotechnologies ont le potentiel de fournir des profits élevés et les moyens de fournir plus de nourriture à ceux qui sont dans le besoin en Afrique. Les OGM ont le potentiel d'augmenter considérablement la productivité des cultures, et les biotechnologies ont le potentiel de créer des variétés plus riches en éléments nutritifs".
Ou encore :

"The rapid adoption of GM crops seems to indicate that they offer great economic benefits for farmers. In general, farmers experience lower production costs and higher yields because weed control is cheaper and fewer losses are sustained from pests. GM crops are safer to handle than traditional chemical pesticides and herbicides, increasing worker safety and limiting the amount of time workers spend in the field".

Cette guerre de l'information serait juste amusante, s'il n'y avait pas déjà 80% de coton OGM aux USA, sans parler des autres ogm devenus majoritaires....Autrement dit, le potentiel est peut réel, en tant que potentialité, mais la réalité est celle d'une diffusion déjà massive, non démocratique et réalisée en l'absence d'études d'impact à long terme sur les écosystèmes.

En Afrique, les agences de développement comme l'américaine USAID et des ONG n'hésitent pas, apparemment, à continuer d'essayer de refourguer les graines Monsanto et consors... pour lutter contre la famine, sans se soucier des impacts sur les écosystèmes à long terme. Dernier état sur la liste (voir mes autres articles sur les OGM et les "super weed", ici et sur le blog animal-social.fr) : le Kenya où les agences de com ont déjà bien bassiné les fermiers sur les bienfaits théoriques du coton Bt.

Indéniablement, les OGM ne sont ni bons ni mauvais, mais en l'état des connaissances et des impacts observés, le principe de précaution devrait primer sur des nouvelles introductions. 

Alors, plutôt que de nationaliser les banques, ne faut-il pas confier Monsanto à la gouvernance des paysans et des consommateurs ?

vendredi 29 juillet 2011

Ces herbes qui résistent aux OGM : Palmer Amaranth



Voici la plus illustre des résistantes, j'ai nommé : Miss Palmer Amaranth. De la (vieille) famille des amarantes.

Palmer Amaranth, connue sous le nom de "careless pigweed" par l'US Department of Agriculture, est une herbe sauvage et comestible. Ses longues racines lui permettent de s'abreuver en profondeur et de résister à la sécheresse. Elle se passe très bien des engrais, de l'irrigation et des pesticides, ce qui démontre sa grande autonomie. Las ! Elle est un casse-tête pour les exploitants des OGM.

Evil Pigweed !
Depuis cette funeste année 2004 où un agriculteur de Georgia (in my mind) a découvert des plants de l'herbe au milieu d'un champs transgénique arrosé de Round Up, l'amarante palmée est devenue l'ennemie numéro 1 de la communauté pro-OGM aux Etats-Unis. Plutôt que de l'appeler : "negro" ou "communist" ou encore "arab terrorist", les agriculteurs l'appellent avec un tremblement dans la voix : Superweed, parce qu'elle a en une quinzaine d'années acquis des gènes de résistance à plusieurs pesticides, dont le glyphosate utilisé dans les OGM. Ils l'appellent aussi : "evil pigweed", littéralement : mauvaise herbe à cochon. Les amis des cochons s'en offusquent. D'autres y voient un compliment et rappellent les qualités nutritionnelles des amaranthes.

Une famille nombreuse, une vieille famille
Les quelques soixante espèces d'amaranthe l'ont fait apprécier sur tous les continents. Ainsi, les malais consomment ses feuilles qu'ils appelent Bayam, tandis que 'herbe est connue sous le nom de mchicha en swahili. Les Aztèques l'appelaient Huautli et voyaient en elle un aliment de choix et une plante sacrée. tout comme les Grecs, d'ailleurs puisque l'amaranthe, littéralement "qui ne flétrit pas" était associée à la Déesse Artémis et vue comme un symbole d'immortalité.

D'un point de vue généalogique, la famille de Miss Palmer est donc une très vieille famille. Des graines d'amaranthe, dont l'âge a été estimé à 5500 ans, ont été trouvées dans les grottes de Tehuacan Puebla au Mexique. Mangée encore aujourd'hui par les habitants des régions andines, l'amaranthe avait pourtant été interdite par la couronne d'Espagne, en raison de son importance dans la culture aztèque et de son association avec le Dieu Huitzilopochtli...


A suivre

Crédit photo : Aaron Hager

Sources : mother Jones, wikipedia, Atlas de biologie Stock

samedi 23 juillet 2011

Les OGM deviennent un casse-tête pour les agriculteurs du Midwest

Aux Etats-Unis, les « superweed », ces mauvaises herbes résistantes à plusieurs pesticides, se multiplient. Les rendements à l’hectare des OGM sont impactés à la baisse et les coûts d’exploitation augmentent, remettant en cause le modèle économique des OGM.

C’est devenu un casse-tête pour les utilisateurs d’OGM aux Etats-Unis. Selon les résultats de plusieurs études publiés dans le magasine américain Weed Science de juillet/septembre 2011, les mauvaises herbes résistantes aux herbicides comme le glyphosate (la molécule du Round-up utilisée dans la plupart des semences OGM de Monsanto) continuent de se déployer massivement dans les champs américains : 21 variétés d’adventices résistantes sont désormais recensées. Elles couvrent 11 millions d’acres, contre 2,5 millions en 2007. Encore plus inquiétant, plusieurs études, comme celles menées sur l’herbe Palmer Amaranth dans l’Etat de Géorgie, confirment que les advantices réussissent à développer des résistances multiples aux herbicides.

Les scientifiques parlent désormais de « super weeds »
pour qualifier ces herbes qui pourraient remettre en cause le modèle économique des OGM, puisqu’elles diminuent les rendements à l’hectare et augmentent les coûts d’exploitation pour les agriculteurs, obligés de faire appel à plus de main d’œuvre et de pratiquer la rotation des cultures.

"Le système n'est pas durable"
Pour le professeur Jason Norsworthy, membre de la très sérieuse WWSA, la Weed Science Society of America qui édite le magasine Weed Science, l’herbe "Palmer pigweed" par exemple élève le coût d’exploitation du coton de 19,45 dollars à l’acre. « La résistance impacte la valeur des terres et les pratiques de labour. Le système tel qu’il existe n’est pas durable », ajoute cet enseignant à l’Université d’Arkansas.

Plus étonnant, certains fabricants de pesticides remettent eux-même en question le modèle agricole OGM, à l’image de Bayer, qui écrit sur son site web :

«Les herbes résistantes au glyphosate continuent de se répandre à un taux exponentiel, à la fois géographiquement et en nombre d’espèces. Elles menacent la rentabilité et la soutenabilité des cultures. Les agriculteurs luttent pour gérer ces mauvaises herbes et doivent faire face à des coûts imprévus de nouveaux pesticides, d’une main d’œuvre intensive et de la destruction ou l’abandon des récoltes ».

Depuis 2010 Bayer déploie dans les campagnes US en 2010 son programme « Respect the Rotation », dont le principe est la diversification des herbicides pour lutter contre les mauvaises herbes tolérantes au glyphosate. Une telle diversification profite bien sûr aux produits sans glyphosate de Bayer. Le laboratoire chimique se fait aussi l'avocat de la rotation des cultures chère à l’agriculture biologique et à la permaculture... Non pas pour favoriser l'humus , mais parce que "la rotation des cultures fournit une opportunité pour la diversité des herbicides", explique Bayer.

La suite de cet article ici

crédit photo : FlickR/Mabelsound


dimanche 22 mai 2011

My Farm : l' e-démocratie à la ferme

Lancée en mai 2011, l'initiative My farm est une première : 10 000 internautes sont invités à gérer collectivement une ferme de 1000 hectares située à 10 km de Cambridge, en Angleterre. Elle est la propriété du National Trust, une association à but non lucratif créée en 1895.

L'article qui présente cette expérience surprenante est à lire sur mon autre blog, animal social :

My Farm recrute 10 000 fermiers sur internet

http://lien-social.blogspot.com/2011/05/my-farm-recrute-10-000-fermiers-sur.html

samedi 16 octobre 2010

construire un Jardin de Cocagne














Comment se construit un projet de Jardin de Cocagne ?

Les jardins de Cocagne sont des exploitations maraîchères, en général biologiques, qui emploient des personnes en contrat d'insertion. Les produits sont vendus en circuits courts.

Venez lire mon enquête sur le Jardin de la Haute Borne, sur le blog www.animal-social.fr


Crédit Photo : Solidarités et initiatives

lundi 26 juillet 2010

La changement climatique au secours de la faim

On le sait, les premières victimes de la malnutrition sont les agriculteurs des pays du Sud. Ils ont d’autant plus de mal à vivre de leurs terres (en faisant ce qu’on appelle de l’agriculture vivrière ou de subsistance) que les exportateurs agricoles du Nord viennent les concurrencer, aidés par les règles libérales de l’OMC et par les subventions…ou bien ce sont les grandes firmes du Nord les poussent à pratiquer une monoculture d’exportation, qui les jettera sur le carreau (de l’exode rural) en cas de surproduction et de chute des prix trop sévère.

Et si la lutte contre le réchauffement climatique se révélait l’arme inattendue pour rééquilibrer la situation ?

Dans la foulée de la conférence de Copenhague sur le changement climatique, est né le Partenariat Mondial pour les Forêts tropicales. Cet accord appelé REDD prévoit un flux Nord -> Sud de 4 milliards de dollars pour des projets de reforestation. Mais comme l’a rappelé récemment le Centre d’Analyse Stratégique, la déforestation est causée en grande partie par…la demande des pays du Nord en produits agricoles, huile de palme, ou soja, et en agrocarburants. Vouloir replanter d’une main et acheter des tonnes d’huile de palme de l’autre, est pour le moins contradictoire et même, contreproductif.

Comme le pointe Sophie Fabrégat dans un récent article, « un des pré requis de la lutte contre la déforestation réside donc dans l'harmonisation des politiques commerciales ou agricoles des pays du Nord avec les politiques environnementales ».

Concrètement, il s’agirait dans le cadre du Partenariat REDD et en accord avec l’OMC, de favoriser davantage l’agriculture de subsistance en lieu et place des palmeraies à huile : idéalement, il s’agit bien sûr d’une polyculture d’inspiration biologique, avec quelques têtes de bétail et des arbres alentour : un système qui a fait ses preuves et qui reste encore marginal au Nord comme au Sud.

Courtesy image : UN-REDD


dimanche 11 juillet 2010

Un verre avec ou sans sulfites ?

Le 16 juin dernier, Bruxelles a créé la surprise en annonçant l’abandon du projet de règlement européen sur le vin certifié biologique. Raison invoquée : les états membres ne sont pas arrivés à se mettre d’accord sur la liste des additifs à proscrire. Pas d’accord en particulier sur la teneur maximale en sulfites. Mais les sulfites, à quoi ça sert ? Est-ce si dangereux pour la santé ?

Justifier
Des sulfites pour préserver le vin

Les sulfites sont des composés chimiques contenant des ions SO3, constitués d’atomes d’oxygène et de soufre (S). Naturellement présents dans le vin, les viticulteurs en ajoutent pour empêcher son oxydation. Ils jouent aussi le rôle d’antiseptique (contre les bactéries) et ils empêchent le vin de tourner…au vinaigre. Utilisés à des quantités variables, les sulfites se retrouvent à plus haute dose dans les vins blancs et rosés, où ils peuvent atteindre 210 mg/litre, contre 160mg (maximum autorisé) pour le vin rouge.

En théorie, le vin peut se prémunir tout seul contre l’oxydation et les bactéries, si les raisins étaient en bonne santé et cueillis avec soin (à la main), s’il est riche en alcool et en tanins et si sa conservation est optimale : au frais et à l’abri de la lumière. Dans la pratique, la plupart des viticulteurs, et même ceux qui font du vin biologique, y ont recours. Seule exception : un poignée de producteurs de "vin naturel".

Intolérance, ou allergie ?

La confusion est courante et il est fréquent de lire que les sulfites sont un allergène. C’est une erreur. L’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) explique que les sulfites induisent un risque d’intolérance, qui se manifeste par une réaction inflammatoire. Celle-ci entraîne « des éternuements, des démangeaisons, de l’urticaire, des douleurs abdominales pouvant aller jusqu'à des manifestations plus sévères incluant une crise d’asthme », comme le précise le Professeur Nicolas de l’INSERM.

Et c’est d’ailleurs cette intolérance qui a motivé l’inscription, obligatoire depuis novembre 2005, de la mention « contient des sulfites » sur l'étiquette quand une bouteille en contient plus de 10mg/litre. Les personnes à risque sont surtout les asthmatiques et celles qui souffrent de la maladie de Fernand Vidal. Elles devront choisir un vin vieux, puisque les sulfites se dissipent avec l’âge. Ou opter pour un « vin naturel » sans sulfites ajoutés.

Et le goût ?

Meilleur goût, le vin sans sulfites ? Les partisans du vin naturel expliquent qu’il a une saveur distincte, plus authentique. Alexandre Gerbe, œnologue bio à Avignon, les juge « très aromatiques et très doux au niveau des tanins ». Mais pour Stéphane Derenoncourt, une des figures de la viticulture française, les vins naturels «manquent d’ossature, de corps et expriment une exacerbation aromatique de vins pas « finis » ». Alors, qu’en penser ? Goûtez vous-même !


jeudi 24 juin 2010

Après les abeilles, les huîtres ?

Baisse de 70% du nombre d'huîtres françaises commercialisées en 2012 : on doit cette prévision alarmante à la Direction des Pêches Maritimes (DPMA), qui a été sollicitée avec les autres acteurs de la filière huîtres, lors des Assises de la conchyliculture lancées par le Ministère de l'Agriculture le 22 juin dernier.

Les craintes ne datent pas de 2010 : dès "2008 et en 2009, 60 à 100% des huîtres creuses (qui représentent plus de la moitié de la production) juvéniles avaient été touchées par une mortalité inhabituelle", précise la DPMA. Les ventes d'huîtres françaises en 2010 pourraient déjà chuter de 50%.

En cause, semble-t-il un virus... ce n'est pas varroa destructor, mais des virus de type herpès : OsHV1 et sa variante muvar (les virus mutent ne l'oublions-pas). Autres facteurs avancés par l'IFREMER, l'élévation de la température des eaux.

Comme avec les abeilles, les experts ne sont pas tous d'accord : ainsi, les producteurs d'huîtres traditionnels, qui sont la minorité et qui font naître les huîtres en mer, affirment que ce sont les écloseries d'huîtres en laboratoire (l'essentiel de la production française) qui seraient en cause, et en particulier, l'utilisation d'une variété d'huître génétiquement modifiée, les fameuses huîtres triploïdes.

Il s'agit d'huîtres dont l'ADN n'a pas été modifié ni "enrichi" par des chromosomes d'autres organismes, donc pas d'huîtres OGM, mais dont l'IFREMER a multiplié le chromosome natif, le faisant passer à 3 paires (3n) au lieu de 2. Selon les éleveurs d'huîtres traditionnels, ces huîtres qui sont rendues stériles pour qu'elles grandissent plus vite, seraient plus vulnérables aux maladies. Guy Lebrun, ingénieur aquacole, va dans le même sens en affirmant que la sélection génétique pratiquée par les couveuses de l'IFREMER aboutit à une moindre diversité génétique, qui entraîne chez les huîtres une baisse de leurs défenses immunitaires.
Des arguments qui ne sont pas sans rappeler les débats sur la mortalité des abeilles aux Etats-Unis...

Vrai ou faux ? Impossible de le savoir en l'état. Les Assises de la conchyliculture devraient permettre d'y voir plus clair. Elles se concluront en octobre 2010.

lundi 14 juin 2010

le Bio chez ED : pommes de terre de la Motte made in Israël

Il y a quelques mois à peine, le client des magasins ED découvrait des pommes de terre bio dans les rayons de la marque Hard discount. Bonne nouvelle ? Assurément oui, pour qui souhaite manger du bio à petit prix... et pour tous ceux qui souhaitent la "démocratisation" du bio.
.
"Ferme de la Motte, producteur depuis 1876", peut-on lire sur une étiquette qui sent bon le terroir et l'authentique...origine Israël, écrit en tout petit.

La ferme de la Motte dispose d'un joli site, très pro, comme on n'en a jamais vu de la part d'un agriculteur... avec une vidéo en introduction, musique country et ce premier mot : "Terroir" suivi de : "conditionneur vendeur". L'entreprise, qui a réalisé un CA de 18 millions d'euros en 2008 (site societe.com), ne dit pas sur son site combien d'hectares elle exploite, mais elle précise qu'elle produit 8000 à 10 000 tonnes de pommes de terre... non bio.

Question : pourquoi produit-elle des pommes de terre non bio et importe-t-elle des pommes de terre bio ?

Pour faire du business, bien sûr.

Quant au mot "terroir" : après être revenu à la mode, il est maintenant utilisé à tout crin . A quand l'indication "terroir naturel" sur une étiquette ?


samedi 12 juin 2010

Le bio dans les cantines : l'exemple de Bordeaux-Mérignac

Suite à mon poste d'hier, voici le compte-rendu de l'intervention du SIVU de Bordeaux-Mérignac et de Benoît Granger, éleveur, lors des rencontres nationales organisées par l'Agence Bio le 8 juin dernier.


Intervenants :

- Jean-Pierre TEISSEIRE, Responsable Qualité Achats du Syndicat Intercommunal à Vocation Unique (SIVU) de Bordeaux-Mérignac
- Benoît GRANGER, éleveur, directeur de la SCA le Pré vert

Jean-Pierre Teisseire explique que sa ville est engagée depuis plusieurs années sur l’Agenda 21 et c’est dans ce cadre que les produits bio ont été développés dans les cantines scolaires, en liaison avec ARBIO Aquitaine.

Le SIVU gère 16 000 à 20 000 repas par jour. Il a mis en place des procédures d’appels d’offre exigeantes, avec un ensemble de fiches techniques pour chaque classe de produits. Sur cette base, la cuisine centrale s’approvisionne en denrées bio : fruits et légumes (4ème gamme), riz, et pâtes, produits laitiers… L’introduction des pâtes bio a permis de réaliser une économie de 20%.

Pour la viande de veau, le SIVU est passé successivement d’une viande d’origine hollandaise à une viande française labellisée, puis à une viande bio originaire de la région. Ce basculement a été graduel. Il a été précédé par des expérimentations. L’introduction de la viande bio s’est faite en raisonnant sur la carcasse entière et non par morceaux. Toute l’équipe du SIVU s’est mobilisée : chef de production, diététiciens, gestionnaire qualité. Le mode de cuisson retenu est la cuisson de nuit à basse température, qui offre une excellente texture de viande tout en permettant un coût d’énergie plus bas.

En terme de rendements, la viande bio est largement plus performante :
- perte sur le veau hollandais : 50%
- perte sur le veau labellisé : 40%
- perte sur le veau AB : 30%

Benoît Granger, éleveur en Dordogne et membre du GAEC La Gillette, explique ensuite que l’approvisionnement des cantines de Bordeaux-Mérignac lui a permis de valoriser toute sa production en bio. Au départ, son groupement d’éleveurs fournissait les boucheries traditionnelles, y compris en région parisienne, puis il a approvisionné la distribution bio spécialisée (Biocoop). Mais il vendait ses broutards en conventionnel en Italie, faute d’avoir un meilleur débouché.

L’approvisionnement du SIVU lui a permis de valoriser ses carcasses de broutards en veau rosé bio (rôtis et blanquettes essentiellement). Malgré les réticences initiales du SIVU, ils ont trouvé une solution qui consiste à congeler la viande et à la conditionner en petites quantités.

En 2010, le groupement d’éleveurs réunit 45 exploitations, contre 20 en 2008. La croissance de son chiffre d’affaire est de 45% et ils approvisionnent 50 collèges de la région, en plus du SIVU.

vendredi 11 juin 2010

Le bio dans les cantines : l'exemple de Brest

Le 8 juin dernier, l'Agence Bio organisait un colloque sur le thème de l'introduction des aliments bio dans les cantines scolaires. Voici le compte-rendu de l'intervention faite par nos amis brestois.

Intervenants :
- Alain JOUIS, conseiller municipal de Brest
- Florence BUSSON de la Maison de l’Agriculture Biologique du Finistère (MAB 29)
- Jean-Michel NOEL, Directeur d’Exploitation de Sodexo.

Alain Jouis explique qu’à Brest, l’introduction des produits bio dans les écoles (et dans les repas portés à domicile) a débuté en 2001. Mais c’est en 2007, lors de l’ouverture d’une nouvelle cuisine centrale confiée à Sodexo (par délégation de service public), que le bio dans les écoles a réellement pris son essor. Dès 2008, la part des denrées bio était de 21% en valeur.

Le cahier des charges établi en 2007 par la mairie visait notamment à développer la part des produits bio et à faire appel à des filières de production locales. Les filières pain et produits laitiers ont pu être sollicitées sans difficulté majeure, mais la filière fruits et légumes locale a nécessité une solution collective :

La municipalité a travaillé avec la Maison de l’Agriculture Biologique et Sodexo, en commençant par les carottes et les salades (les choux-fleurs et brocolis ont été écartés, car jugés moins « populaires » chez les enfants). La cuisine centrale ne disposait pas d’une légumerie et elle avait besoin de carottes calibrées, or les carottes bio locales ne l’étaient pas. La solution trouvée est la suivante : un producteur local a accepté d’investir dans une unité de calibrage et Sodexo s’est engagée sur des volumes d’achat pluriannuels. C’est ainsi que les carottes bio locales ont pu remplacer les carottes d’Italie. En 2009, les producteurs locaux fournissaient entre 75 et 100% des carottes, salades et pommes de terre nécessaires à la cuisine centrale.

Florence Busson de la MAB 29, explique que l’enjeu était aussi de s’inscrire dans une démarche de développement durable dont le troisième pilier est la dimension sociale. Elle rappelle qu’à production égale, l’agriculture biologique représente 20 à 30% d’emplois supplémentaires.

La filière de Fruits et légumes locaux représente 50 producteurs et deux opérateurs, l’un pour le calibrage et l’autre pour la logistique. Au total, l’approvisionnement des écoles brestoises nécessite des surfaces réduites :
- 1 hectare de carottes
- 1000 m2 de salades
- 2 hectares de pommes de terre
- 7000 m2 pour les pommes
Pour ce qui est des produits laitiers, Florence Busson précise que 5 vaches sur 5 hectares de pâturages suffisent.

Le troisième intervenant, Jean-Michel Noël, était responsable de la cuisine centrale de Brest et c’est lui qui a travaillé avec la MAB et la municipalité. Aujourd’hui il travaille à la Direction de la Qualité et du Développement Durable de Sodexo. JM Noël explique qu’au départ il craignait pour la sécurité sur les volumes fournis. Avec le recul, les variations de production d’un an sur l’autre sont gérables. Puis il projette une vidéo qui présente le projet en mettant en avant le travail collectif et le rôle des agriculteurs de la région.

jeudi 22 avril 2010

stimulation électrique des carcasses


D'après le Canard Enchaîné du 14 avril, cette invention danoise fait fureur dans les abattoirs français : il s'agit d'envoyer des décharges électriques sur les carcasses fraîchement abattues. Cela permet d'attendrir la viande, de la rendre plus juteuse et de la congeler plus vite.

Sans les décharges électriques, la filière bovine doit laisser reposer la viande pendanr 10 heures à quelques degrés avant congélation...avec la stimulation électrique, 3 minutes suffisent !
Bref, la productivité des abattoirs augmente.

lundi 29 mars 2010

Huiles : la palme à Casino

La semaine dernière, le groupe Casino annonçait sa décision de bannir l’huile de palme des produits de sa marque Casino. Devenue depuis peu la première huile produite dans le monde (devant l’huile de soja), l’huile de palme est largement utilisée dans les margarines, biscuits, biscottes, pâtisseries industrielles (croissants et autres) et plus largement dans la « junk food ». Et ce pour deux raisons : le palmier Elaeis guinenesis est le plus productif des végétaux à huile et celle-ci est donc la moins chère au monde…D'autre part, l'huile de palme est peu fluide (contrairement aux acides gras oméga 3 et 6) et reste solide jusqu’à 55° C, ce qui la rend très « machinable » pour l’industrie alimentaire.

Revers de la médaille : la monoculture du palmier à huile, qui a explosé depuis 20 ans en Malaisie et en Indonésie, a détruit des millions d’hectares de forêt tropicale, hauts-lieu de biodiversité mondiale. D’autre part sur le plan de la santé humaine, l’huile de palme est très riche en acides gras saturés (environ 50%), qui sont une des causes de surpoids et de risque cardio-vasculaire.

La décision de Casino est donc une excellente nouvelle et on peut espérer que les autres chaînes de distribution fassent la même chose.

Etonnant : sur le site du Cirad, centre français para-public dédié à l’agriculture tropicale, on trouve un véritable plaidoyer à contre-courant pour l’huile de palme, plaidoyer qui s’appuie sur l’extraordinaire productivité en huile du palmier (incontestable) et sur sa…qualité nutritionnelle:

« Des propriétés spécifiques et une qualité nutritionnelle irréprochable : L’huile de palme se comporte comme les huiles de maïs, tournesol, soja ou colza, riches en acides gras essentiels. »

Pourtant les acides gras essentiels, qui sont les oméga 3 et 6, ne sont présents qu’à hauteur de 8% dans l’huile de palme, ce qui fait d’elle la moins riche en acides gras essentiels avec l’huile de coco ! Et comme on l’a précisé plus haut, la haute teneur de cette huile en acides gras saturés (50%, un record) en fait un facteur d’obésité et de maladie cardiovasculaire largement reconnu. Le Cirad passe ce fait sous silence et la compare à des huiles (colza, tournesol) dont la teneur en acides gras est très différente.

Manipulation ? Non, ça doit être un rédacteur stagiaire qui s'est emmêlé les pinceaux :=)


source :

http://www.cirad.fr/publications-ressources/science-pour-tous/dossiers/palmier-a-huile/ce-qu-il-faut-savoir/transformation



dimanche 7 mars 2010

Entremont : la crise du lait

Lu dans le Parisien ce dimanche : le groupe Sodiaal serait sur le point de reprendre Entremont. Entremont, la principale coopérative laitière de Bretagne, est en grande difficulté financière, « depuis la chute des cours du beurre et du lait en poudre » disent les journalistes.

Or Sodiaal, qui distribue le lait Candia, est elle aussi une coopérative. Dans la reprise proposée, chaque producteur laitier devrait apporter 2000€ par an pendant 5 ans au capital de la nouvelle entité. Apparemment, les producteurs de lait sont plutôt d’accord.

On se réjouit de voir Entremont sauvée (5000 producteurs de lait concernés), sans que le secteur coopératif en patisse. Mais plusieurs questions viennent à l’esprit à propos de cette affaire, des questions de bon sens qui n'ont pas vraiment été creusées par les médias (au vu des recherches que j'ai pu faire, et sauf erreur de ma part :=).

question 1. Pourquoi les cours du beurre et du lait en poudre baissent-ils ?

A priori, ce ne sont pas les hausses des personnes allergiques ou intolérantes au lait qui l’expliquent ! Ni la fronde des lacto-sceptiques, si ingénieux à trouver d'autres sources de protéines et de calcium.

question 2. Combien cela coûterait-il de transformer la filière lait bretonne (qui représente 20% de la production française) en lait certifié biologique ? Cette question est importante car il semble y avoir consensus désormais sur l'avantage du lait bio en terme de santé publique (et je ne parle pas des avantages pour l'environnement).

question 3. Le lait doit-il être considéré comme un aliment stratégique, au même titre que l’eau ? Doit-il être géré, comme le demandent les producteurs européens du European Milk board, par un Office public européen du lait qui fixerait les prix ? Voir, pour éviter les distorsions entre grandes zones de production mondiales, par un Office international du lait ?

question 4. Produit-on trop de lait de vache en France et en Europe ?

Questions épineuses, qui à l’évidence mériteraient d’être débattues par le plus grand nombre…

mercredi 17 février 2010

Parkinson boosté par les pesticides

Une nouvelle étude scientifique confirme le lien entre maladie de Parkinson et les pesticides : Les chercheurs de l'Université israëlienne de Beer Sheva ont comparé le taux de malades de Parkinson chez des agriculteurs palestiniens et des citadins de la même région. Toutes choses égales par ailleurs (âge, etc), les agriculteurs qui travaillaient dans des zones soumises à des pesticides - en particulier répandus par avion - ont 2 fois plus la maladie de Parkinson.

Ce lien n'est pas nouveau et il avait déjà été montré, en particulier, par des chercheurs français de l'INSERM. Mais il appelle plusieurs remarques à propos des autorisations de mise sur le marché :

1. Les pesticides incriminés avaient en leur temps été autorisés par les organismes d'accréditation, sur la base d'études fournies par les producteurs de pesticides, études qui étaient à l'évidence, très insuffisantes.

2. On parle de "principe de précaution" pour justifier l'interdiction de certains produits : en l'absence d'études approfondies, le principe de précaution est essentiel.

3. Les organes autorisateurs, EFSSA en Europe, FDA aux USA, ne sont pas assez exigeants vis à vis des Monsanto et autres entreprises bio-chimiques ; Ce manque d'exigeance est lié au fait que trop souvent, les experts de ces organes ont travaillé pour les producteurs chimiques. Il faut exiger des études préalables beaucoup plus approfondies.

Un avis très personnel : pour des firmes comme Monsanto, qui ont vendu par millions des pesticides toxiques (comme le DDT, maintenant interdit mais toujours présent dans les rivières) et qui ont démontré le peu de cas qu'elles faisaient des risques sanitaires, la vigilence doit se traduire par une règle d'or : interdiction qu'un ancien employé de ces firmes travaille dans un des organes autorisateurs.

Autrement dit : choisis ton camp, camarade !
Ce qui ne veut pas dire que les 2 camps ne doivent pas dialoguer.


mardi 26 janvier 2010

Haricots verts du Kenya

Chez les primeurs ou en grande surface, on trouve à toute époque de l’année des barquettes de haricots verts frais : extra-fins, d’un vert éclatant, ils sont déjà équeutés…Et sur les étiquettes, on peut lire : « origine Kenya ».

Local et de saison

Ca vous dérange ? Personnellement, j’aime bien manger local et de saison, pour des raisons que je partage avec de plus en plus de monde. Mais je me sens aussi solidaire des agriculteurs africains qui vivent des exportations vers l’Europe. Et puis faut-il aller jusqu’à se priver du poivre, du quinoa, du riz basmati et du gingembre, au prétexte qu’ils ne poussent pas en France ?

La suite de mon post est sur Agoravox : un repas de fête!


vendredi 15 janvier 2010

Allemagne : le marché bio stagne en 2009

L'Allemagne reste le principal débouché pour l'alimentation bio en Europe, mais les ventes ont stagné en 2009, à 5,85 milliards d'Euros, selon une récente estimation de la Fédération allemande de producteurs Bio. L'explication tiendrait aux baisses de prix et à la diminution des gammes de produits.

Tendance durable ou passagère ? Depuis plusieurs années, le marché du bio en Allemagne augmentait de plus de 10% par an (en ventes). Mais en 2009, crise oblige, ce sont les ventes totales dans l'alimentaire qui ont chuté, à -2,4% en valeur. Le bio s'en est mieux sorti, expliquait le patron de la Fédération, Joachim Weckmann. Les chiffres définitifs pour 2009 seront publiés uktérieurement.


jeudi 14 janvier 2010

qui est contre l'interdiction du thon rouge ?



Le débat sur l’interdiction du thon rouge bat son plein…3 jours après la report de la décision française (la réunion inter-gouvernementale du 11 janvier n’a pas débouché sur un accord), les positions semblent claires : le Ministre de l’Agriculture est contre l’interdiction, tandis que la Ministre de l’Environnement est pour. Ce désaccord marque une ligne de front entre les pêcheurs, plutôt opposés à l’interdiction, et les ONG environnementales, qui sont farouchement pour.

Le thon rouge est-il vraiment en voie de disparition ? Sur la Toile, beaucoup de commentateurs affirment le contraire : aucune donnée scientifique ne prouverait le risque d’extinction et les ONG seraient partisanes, disent-ils. Pourtant les analyses scientifiques existent et la plupart Justifierd’entre elles n’émanent pas des ONG mais de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (ICCAT).

L’ICCAT, organisation inter-gouvernementale créée en 1969, est très claire :

« Les résultats font à nouveau apparaître un fort déclin du stock reproducteur sur les 10 dernières années. Le schéma de sélectivité et les niveaux de mortalité par pêche actuels font que la mortalité par pêche est toujours de 3 à 3,4 fois supérieure à FMAX, ce qui conduirait le stock reproducteur à des niveaux très bas (~6% de la biomasse vierge), ce qui est considéré comme un fort risque d’effondrement du stock. (P.192 rapport Vol 2) » (rapport 2008/2009, Partie I volume 2, p… 192).

Première remarque : La mise en doute des études scientifiques n’est pas surprenante : Une partie de l’opinion publique ne fait plus confiance aux rapports scientifiques. Les affaires sur les OGM (Monsanto), les vaccins H1NI1, sur la vache folle ou le sang contaminé ont popularisé l’idée qu’un rapport scientifique est potentiellement un outil au service d’un groupe d’intérêt, et qu’au lieu d’être fiable et impartial, il est souvent manipulateur…

De notre point de vue, cette suspicion est légitime. Mais à l’heure de démêler le vrai du faux et de faire le tri entre les études indépendantes et les études partisanes, ce sont l’esprit critique et la méthode rationnelle qui doivent l’emporter (sur les sentiments et sur l’intérêt personnel).
Pour ce qui concerne le thon rouge, il nous semble que l’ICCAT est plutôt indépendante et qu’elle applique une méthode scientifique valide. Raison pour laquelle nous acceptons ses analyses et recommandations.

Au delà de l’analyse critique des données scientifiques, plusieurs points me semblent essentiels dans le débat sur le thon rouge :

1. On n’a rien trouvé de mieux pour préserver une espèce de poisson menacée que la fixation de quotas de pêche par espèce et par pays

2. La principale menace sur le thon rouge vient des bateaux braconneurs et de la pêche illégale, qui contournent les quotas

3. L’opposition des pêcheurs français à l’interdiction du thon s’explique par le fait qu’ils se sentent menacés dans leur existence…mais leur principal péril est ailleurs : c’est l’importation massive de poisson, souvent issus d’une pêche industrielle lointaine.

Le point 2 (braconnage et prises illégales) justifie à mon avis l’interdiction temporaire de la pèche au thon rouge.

Le point 3 (pêcheurs locaux en danger) nécessite une réflexion politique approfondie. Veut-on le maintien et l’essor de la pêcherie française ? Et l’avenir des pêcheurs français passe-t-il par le poisson d’élevage biologique et par la promotion d'une filière sauvage artisanale ? Les ONG et les pêcheurs pourraient peut-être trouver là un terrain d'entente.


Crédits image : ICCAT

samedi 9 janvier 2010

salade d'algue chuka wakame
















C’est à Bangkok, dans un restaurant japonais de Khao San Road, que j’avais découvert la délicieuse salade de mekabu marinée, parfois appelée Chuka wakame. Cette semaine, je suis entrée par hasard au Sushi Folie's, un restau japonais tenu par un jeune Français. Là, j’ai acheté une petite barquette de salade d'algue, qui est en fait une salade de mekabu.
C’est la première fois que j’en goûte dans un restaurant Sushi parisien, et elle était excellente. L’algue croquante est relevée de piment rouge et assaisonnée, cela va de soi, de vinaigre de riz, sauce soja et graines de sésame.

J’ai demandé au serveur asiatique, puis à Dan, le patron, quelle algue contenait la salade. Le serveur m’a indiqué que c’était une algue de grande taille. Avec une nervure centrale, ai-je demandé ? Il a dit oui, et plus tard Dan m’a confirmé que c’était de la wakamé. Mekabu, lui ai-je précisé, mais apparemment il ne connaissait pas ce terme, qui désigne les sporophylles de l’algue brune, dont la forme en « spaghetti » extra fins n’a rien à voir avec celle des feuilles de wakame, qui sont larges de 2 à 4 cm, plates et qu'on utilise communément dans les soupes miso.

lundi 4 janvier 2010

thon rouge à l'index

Coup de gueule d'Olivier Roellinger hier dans le quotidien le Parisien : le Chef amateur de poissons et d'algues, 3 étoiles au Michelin en 2008, annonce qu'il a décidé avec ses confrères des Relais et Châteaux de bannir le thon rouge de leurs tables.

Verbatim : "on annonce la quasi-disparition des espèces sauvages dans l’océan d’ici 2040 à 2050. J’estime que les cuisiniers, en particulier les grands chefs, ont une responsabilité importante. Notamment en Europe où la moitié des produits de la mer sont consommés au restaurant. Arrêtons de vider la mer sans réfléchir."

Roellinger est vice-Président de l'association Relais et Châteaux, qui regroupe 475 hôtels et restaurants gastronomiques établis dans une cinquantaire de pays. Il a créé à Cancale en Bretagne les "Maisons de Bricourt" et le bistro marin "Coquillages".

Dans son interview au Parisien, Roellinger rappelle que 20 000 restaurants à sushi ouvrent chaque année dans le Monde.

Comment faire quand on aime les sushi et qu'on se préoccupe de la biodiversité ? Moderazione ! et se renseigner sur les espèces les moins menacées : maquereaux, sardines, lieus, par exemple.